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La partition « Sonnets de Pierre Ronsard »

Six chansons à quatre voix

56 pages

Partition gratuite en PDF

Sonnets de Pierre Ronsard Partition gratuite

Paroles

1. J’espere et crain, je me tais et supplie

J’espere et crain, je me tais et supplie,
Or je suis glace et ores un feu chaut,
J’admire tout, et de rien ne me chaut,
Je me délace, et soudain me relie,
Rien ne me plaist, sinon ce qui m’ennuie :
Je suis vaillant, et le cœur me défaut,
J’ay l’espoir bas, j’ay le courage haut,
Je doute Amour, et si je le deffie.
Plus je me pique et plus je suis rétif,
J’aime estre libre et veux estre captif,
Cent fois, je meurs, cent fois, je pren naissance,
Un Prométhée en passions je suis :
Et pour aimer perdant toute puissance,
Crier mercy seulement je ne puis.


2. Pour estre en vain tes beaux soleils aimant

Pour estre en vain tes beaux soleils aymant,
Non pour ravir leur divine estincelle,
Contre le roc de ta rigueur cruelle
Amour m’atache à mille clous d’aymant.
En lieu d’un aigle, un soin horriblement,
Claquant du bec, et trémoussant de l’aesle,
Ronge goulu ma poitrine immortelle
Par un désir qui naist journellement.
Mais de cent maux, et de cent que j’endure,
Fiché, cloué, dessus la rigueur dure
Le plus cruel me seroit le plus doux,
Si j’esperois apres un long espace,
Venir vers moy l’Hercule de ta grace,
Pour délacer le moindre de mes nouds.


3. Puisse avenir qu’une fois je me vange

Puisse avenir qu’une fois je me vange
De ce penser qui dévore mon cœur
Et qui toujours comme un lion veinqueur,
Le tient, l’estrangle et sans pitié le mange.
Avec le temps mesme se change :
Mais ce cruel qui suce ma vigeur,
Opiniatre au cours de sa rigueur,
En autre lieu qu’en mon cœur ne se range.
Il est bien vray qu’il contraint un petit,
Durant le jour son secret apetit,
Et sur mon cœur ses griffes il n’alonge :
Mais quand la nuit tient le jour enfermé,
Il sort en queste et lion affamé,
De mille dens toute nuit il me ronge.


4. Ce beau corail, ce marbre qui soupire

Ce beau corail, ce marbre qui soupire,
Et cest esbesne, ornement de soucy,
Et cest albastre en voute racourcy,
Et ces zaphirs, ce jaspe et ce prophyre.
Ces diamans, ces rubis, qu’un zéphire
Tient animez d’un soupir adoucy,
Et ces œilleis et ces roses aussy,
Et ce fin or, où l’or mesme se mire
Me sont au cœur en si profond esmoy,
Qu’un autre objet ne se présente à moy,
Si non, Belleau, leur beauté que j’honore.
Et le plaisir qui ne se peut passer
De les songer, penser, et repenser encore.


5. Je voudroy bien, richement jaunissant

Je voudroy bien richement jaunissant
En pluie d’or goute à goute descendre,
Dans le giron de ma belle Cassandre,
Lors qu’en ses yeux le somme va glissant.
Je voudroy bien en taureau blanchissant
Me transformer pour finement la prendre,
Quand elle va par l’herbe la plus tendre,
Seule à l’escart mille fleurs ravissant.
Je voudroy bien pour aléger ma peine
Estre un Narcisse et elle une fontaine
Pour m’y plonger une nuit à séjour :
Et voudroy bien que cette nuit encore
Fust éternelle, et que jamais l’Aurore
D’un front nouveau nous ralumast le jour.


6. Ha, bel acueil, que ta douce parolle

Ha, bel acueil, que ta douce parolle
Vint traitrement ma jeunesse offenser,
Quant au premier tu la mener danser,
Dans le verger l’amoureuse carolle.
Amour adonc me mit à son écolle,
Ayant pour maistre un peu sage penser,
Qui sans séjour me mena commencer
Le chapelet de la dance plus folle.
Depuis cinq ans dedans ce beau verger,
Je vay balant avecque faux danger,
Sous la chanson d’Allégez moy, Madame :
Le tabourin se nomme fol plaisir,
La flute erreur, le rebec vain désir,
Et les cinq ans la perte de mon ame.

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