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La partition « Fleur-de-Seine »

Paroles

1. C'était un’ goss’ de dix-huit ans
V’nue au monde un soir de déveine,
La p’tit’ n'avait plus de parents
Libre d’son dimanche et d'sa semaine
Ell’ s'en prom’nait d'un air fripon
De Billancourt à Bagatelle,
Le soir ell’ couchait sous un pon
Car la rivièr’, c'était chez elle.

Elle avait un jupon plein d'trous
Ell’ fréquentait un tas d'voyous ;
Mais, quand ell’ passait près d’vous,
Avec ses grands yeux noirs si doux,
Le jeun’ homm’ comm’ le patriarche,
Désireux d’l'attendre sous l'arche
S’écriait : C'est l’printemps qui marche !

2. Ell’ était bell’ comm’ les amours :
Des ch’veux blonds, un cœur de grisette ;
Mais d’vagabonder tous les jours,
C’est pas facil’ d’rester honnête ;
Aussi, se donna-t-ell’, sans peur,
A Charlot, terreur de la Berge,
Qui lui prit sa taille et son cœur,
Un soir, dans un bosquets d’auberge
Elle avait un jupon plein d'trous
Ell’ fréquentait un tas d'voyous ;
Mais, quand ell’ passait près d’vous,
Avec ses grands yeux noirs si doux,
Voyant sa frimousse aguichante,
Comme un beau jour qui vous enchante,
On s'disait : C'est l‘printemps qui chante !

3. A force de passer des nuits,
A r’garder la lune argentine,
D'avoir des coups et des ennuis,
Ell’ s'en alla de la poitrine :
Puis, un soir, elle s’jeta dans l'eau ;
Morte ! Elle était encore jolie ;
Elle avait fait l’dernier dodo
Dans le lit d'la Sein’, son amie.

On la placé dans un grand trou,
Sans croix, sans nom, comme un toutou,
A Pantin, là-bas, tout au bout,
Par un matin d’juin beau comm’ tout ;
Et, seul un rôdeur de rivière,
L'ayant suivi’ jusqu’au cim’tière,
Se dit : C'est l’printemps qu'l’on enterre !

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