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Prof à temps partiel

Petit journal d'un prof de musique - Épisode XIX

Par Jean-Baptiste le 25 février 2015.



Partir de l'académie de Paris pour arriver à Grenoble n'a pas été un gros bouleversement en soi mais a été difficile sur un point. J'étais impliqué dans plusieurs "projets" : options musique au lycée, cours d'histoire des arts, conseiller pédagogique, bac musique, etc. alors que dans ma nouvelle académie, j'étais le premier trou de balle venu... Eh oui ! J'ai bien cherché mais il fallait se résoudre à innover, créer, se renouveler par soi-même. C'est donc dans des projets d'établissement que j'ai passé un peu de temps. J'ai aussi proposé pas mal de choses avec des résultats variés, je prenais toutes les classes du collège + chorale + projets avec plaisir. Mais en 2009, le rectorat, pensant sans doute bien faire m'a interdit (sans possibilité de discuter et quelques jours seulement avant la rentrée) de prendre des heures supplémentaires, pourtant essentielles à mon équilibre "pédagogique". Je me suis retrouvé avec deux journées entières libres (mardi et jeudi). C'est là que tout a basculé.

Occuper le temps libre

Comment occuper deux longues journées libres quand on ne les a pas souhaitées ? Les enfants à l'école... Des tâches ménagères ? Oui. Mais ensuite ? Le sport ? Oui mais non. Je me suis investi dans un projet que j'avais en tête depuis quelques temps : celui d'écrire des partitions et d'harmoniser des chants "à la demande", "à la carte". Hop ! Auto-entrepreneur pour commencer, il n'y en a pas pour longtemps (encore que c'est un poil plus casse-pied aujourd'hui). Puis j'ai développé un site web, j'ai travaillé la programmation, j'ai gonflé le site web de premières partitions gratuites (l'ancêtre du présent site, donc) et j'ai répondu aux premières commandes. J'ai ensuite développé d'autres sites, cherché à acquérir d'autres compétences dans le domaine informatique. Et à partir de ce moment-là, l'effet pervers fut immédiat et irréversible. Je n'arrivais pas à séparer nettement les deux activités (peut-être que quelqu'un de plus raisonnable que moi y serait parvenu mais ce n'était pas mon cas). Ainsi, un travail de trois jours, qui aurait pu m'occuper un mardi, un jeudi et un samedi, m'occupait la tête pendant la semaine entière...

Une étape franchie

Heureux de pouvoir faire autre chose que professeur de musique, d'avoir la possibilité d'être mon propre patron, j'ai tenu à développer encore davantage cette entreprise. Pour cela, il fallait donc passer à temps partiel. J'ai choisi un 60% soit 9 heures, en demandant à mon chef de pouvoir travailler 3 après-midis par semaine, ce qui fut accordé sans difficulté (les autres collègues cherchant plus à se libérer des lundis, vendredis et préférant travailler le matin que l'après-midi car l'attention des élèves a une fâcheuse tendance à chuter au cours de la journée). Un temps partiel se demande par l'intermédiaire du chef d'établissement. Il suffit de remplir un document dédié et de motiver sa demande. À l'époque, sauf cas rare, il était accordé. Je sais qu'il en va différemment aujourd'hui et qu'il vaut mieux, à l'heure actuelle, avoir une motivation solide pour l'obtenir pour cause de pénurie de professeurs. J'ai bien aimé cette période. Venir en cours pour 9 heures était confortable et je n'avais pas l'occasion de me lasser du métier en si peu de temps. Je pense que je faisais bien mon boulot dans ma salle de classe mais j'étais moins présent que jamais pour tout ce qui était en dehors des cours. Je n'ai jamais participé à aussi peu de réunions et aussi peu de conseils de classe. Je remercie ma chef de l'époque qui n'a pas insisté, sentant que je n'avais plus la tête à cela, de toutes façons.

En résumé, donnez la possibilité aux enseignants de s'investir dans leur métier : heures supplémentaires, ateliers, stages, formations, informatique, sorties, plus grande liberté pédagogique... Croyez-moi, c'est essentiel.



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5. Posté le 26 août 2016 à 06h48 par contusion


Bravo Bravo

Beaucoup de motivation

Bonne continuation

4. Posté le 02 mars 2015 à 15h50 par Valerie


C'est mal vu... parce que cela me fait pas "sérieux"! Certains s'accrochent encore à des clichés surannés... Et cela provoque des "jalousies"! Notre petit monde n'est pas exempt des passions humaines... Mais je continuerai à enseigner l'histoire en utilisant la musique (et les chansons!) comme support! Merci de m'apporter de quoi faire avec mes eleves...

3. Posté le 02 mars 2015 à 15h43 par Jean-Baptiste


Pourquoi est-ce mal vu ?

2. Posté le 01 mars 2015 à 10h32 par Valérie


Bonjour. Merci pour cette bouffée d'oxygène et pour votre site que j'apprécie énormément!

Si seulement les personnels des rectorats étaient d'anciens enseignants, ils connaîtraient davantage les contraintes réelles de notre métier... Cela éviteraient que d'anciens cancres en géographie, chargés des affectations, décident de nous imposer jusqu'à 4h de transport par jour à nos frais bien évidemment... tant les distances sont grandes dans certaines académies (notamment dans l'académie de Grenoble où il faut parfois redescendre dans la vallée pour aller d'une ville à l'autre).

Un prof heureux est un prof qui s'épanouit dans son travail: si on nous laissait faire notre métier sans nous corseter dans des programmes qui n'ont parfois ni queue ni tête, bourrés d'erreurs et difficilement adaptables au niveau réel de nos élèves? Si on arrêtait de nous considérer comme des malfaiteurs en puissance (allez donc voir le système des frais de déplacement pour ceux qui sont en remplacement de courte durée!)? Si on tenait compte réellement des rythmes des élèves et des adultes pour avoir des emplois du temps cohérents (comme en Allemagne: 6h de cours le matin entrecoupées d'1/2h de pause toutes les 2h... et musique, arts plastiques et sport l'après-midi)?

Une prof d'Histoire-géo passionnée de musique qui fait découvrir l'histoire à ses élèves grâce à la musique! (Je sais, c'est très mal vu!!!)

1. Posté le 25 février 2015 à 20h33 par anti pédagogiste primaire


"Ateliers, stages, formation" = grand bidonnage et fumisterie pédagole pour engraisser les sinécuristes en charge de la formation continue (pour ceux que j'ai croisés, souvent de notoires incompétents dans leur discipline et qui cherchent à compenser leur frustration en développant de soi-disant qualifications dans les TICE, sciences de l'éducation et autres charlataneries du même tonneau, mais bon, chacun son truc ;)

Je tiens à préciser que je ne généralise pas, raison pour laquelle j'ai écrit "souvent" ;)