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Peter Bence, un pianiste pas comme les autres

Par Jean-Baptiste le 02 juillet 2018.



Si je dis que Peter Bence n'est pas un pianiste comme les autres, ce n'est pas juste parcequ'il a un talent incroyable, ni parce qu'il réalise des arrangements de chansons incroyables, qu'il joue à merveille, ni parce qu'il jouit d'une sensibilité et d'une musicalité tout à fait hors du commun et ce n'est pas là tout ce qui le différencie de ses congénères... J'aimerais découvrir ce jeune pianiste hongrois aux millions de vues sur Youtube parce qu'il en vaut vraiment la peine. Ce n'est pas juste un "phénomène", c'est avant tout un musicien !

Des arrangements incroyables

Le but du jeu n'est pas forcément d'avoir une copie conforme de l'original. Dans toutes les chansons reprises au piano (Sia, Michael Jackson, Despacito, Les Beatles et bien d'autres), la touche personnelle est toujours présente : des introductions à rallonge, des passages mélodiques, des contre-chants incroyables, des harmonisations jazz... On ne parlera pas de "version piano" de telle chanson mais de "la version de Peter Bence" qui réalise de véritable arrangement et à la limite, on pourrait presque parler d'orchestration, même s'il n'y a qu'un seul piano. Vous allez comprendre...

Bad de Michael Jackson, un des nombreux arrangements du roi de la pop :



Les boucles

Pour compléter ces harmonisations et rajouter des percussions, Peter Bence utilise les boucles. Il possède un petit boitier électronique à pédales, sur lesquelles il peut appuyer d'un simple geste du pied pour créer une "loop", un motif rythmique ou mélodique qui se répètera jusqu'à ce que la pédale soit pressée à nouveau. Bon. Ça, c'est la théorie, valable sans doute en concert. En pratique, il fait comme tout le monde : il utilise l'enregistrement. Donc, dès que l'on entend des boucles, des percussions qui se répètent, deux ou trois pianos qui semblent jouer simultanément, c'est qu'il y a eu enregistrement et montage préalable (souvent un sacré boulot !). Ensuite, il se met au piano et fait quelque chose de sympathique pour le clip, mais micro fermé.

Attention de Charlie Puth :



Un jeu bien personnel !

On dirait qu'il s'amuse de son absence d'académisme. Non seulement il tape sur son piano (dans le piano, sur le piano...) mais il se permet de pincer les cordes à la main ? Non, il n'a pas inventé la technique de pincé des cordes ni le fait de se servir de l'instrument comme une percussion mais il faut reconnaître que depuis John Cage, on ne voit pas ça tous les jours. Bien sûr, comme je l'ai dit précédemment, l'enregistrement et les effets y sont pour beaucoup.

Mais au-delà de l'utilisation particulière du piano, le jeu lui-même n'est pas académique. Il frappe sur son clavier comme on interdit aux élèves de le faire et comme les grands pianistes ont passé des années à éviter de le faire... dès qu'il en a envie, il frappe sur son piano de façon percussive, sans aucune retenue. Sa posture, ses positions de main également, sont très personnelles. C'est assez fascinant ! J'en suis donc à me demander si Peter Bence ne serait pas autodidacte. Et un autodidacte de ce niveau-là, mes amis... c'est au-delà du talent et même au-delà du génie ; il faudrait inventer un nouveau mot !

Africa, du groupe Toto, le plus abouti, le plus complet de ses arrangements et aussi le plus beau, qui regroupe tout ce dont j'ai parlé précédemment :




Voir La chaîne de Peter Bence


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2. Posté le 03 juillet 2018 à 11h53 par nomadine


Je ne m'en lasse pas... une utilisation du piano dans toutes ses possibilités... magique... Chapeau bas

1. Posté le 02 juillet 2018 à 13h56 par lionel93


Bonjour

Peter Bence, c’est un génie « sans bouillir » qui garde la tête froide et qui n’a pas le melon.

Chapeau l’artiste qui a tout compris dans le comment s’approprier une œuvre.

Bravo à tous les auteurs compositeurs qui ont d’une part pondu tous ces chefs-d’œuvre et à tous les interprètes vocaux ou instrumentaux qui eux aussi ont subliment – interprétés – les chants et sonorités.

Il y a ce qui est écrit sur une partition et ce que l’on interprète. Si sur une portée, il y a une noire et qu’elle est jouée avec un poil de cul de plus dans son temps à la vibration près et bien c’est cela qui fera toute la différence.

C’est aussi au passage toute la difficulté de jouer du rabot dans l’exercice de la transcription car il faut en supprimer pas mal souvent des PDQ et des vibrations pour quantiser à la noire.

Bref, Peter Bence à une mémoire d’enfer, car il parvient à mémoriser toute une orchestration et à la reproduire instinctivement à la volé. Les bras s’allongent comme muent par des ressorts, les mains s’ouvrent et les doigts percutent à l’effleurement près les bonnes touches sans avoir le regard sur une partition, mais dans le vide sidéral de ses pensées.

Il est obligé d’avoir une oreille absolue, car il va chercher dans ce qu’il a entendu la plus petite des sonorités pour l’inclure dans sa propre harmonisation folle.

Autodidacte, oui, certainement, car vu son âge, à savoir tout ce qu’il sait sur la technique pianistique, il n’y serait pas encore s’il était passé par un apprentissage dans une école de musique ordinaire où il faut des années et des années à étudier souvent pendant 6 mois le même morceau et surtout pas délirer dessus.

Avec son patronyme, il est possible de trouver ces mots ..pénétré répété centrée….la musique est en lui.