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Petit journal d'un prof de musique - Épisode IX

Par Jean-Baptiste le 19 novembre 2014.



Douze ans de carrière dans l'Éducation Nationale, c'est relativement court mais cela permet tout de même de faire le tour de pas mal de choses. J'ai connu par exemple quatre inspections, par trois inspecteurs différents, tous les trois très différents, ils m'ont apporté des choses diverses et les cours auxquels ils ont assisté étaient tous dissemblables. Voici, pour commencer, le récit de ma première inspection, qui n'en était pas vraiment une.

Alors une fausse inspection ? Oui, en quelques sortes. En tant que stagiaire, je l'ai raconté auparavant, je me suis fâché plus ou moins fort avec deux professeurs d'I.U.F.M qui m'ont collé un avis négatif sur leur rapport de fin d'année. Il leur paraissait donc évident que je ne pouvais pas faire un bon prof si je ne me rangeais pas à leurs opinions. Curieux... Dans ces conditions, c'est dans les textes, c'est à l'inspecteur de trancher. Je reçois, comme c'est la coutume, un avis d'inspection sans aucune explication ni commentaire. Inspecté vendredi 8 h. Point. Gloups !
Je me suis posé les mêmes questions que tous les professeurs dans ce cas-là : Ça tombe avec quelle classe ? Je leur en parle avant ou pas ? À la première question, quelle classe, finalement peu importe avec un inspecteur qui a de la bouteille. Celui-ci saura toujours distinguer une classe bougeonne d'une classe qui tourne bien, sans compter qu'il ne se gênera pas pour poser la question au principal ou au proviseur. Quant à savoir s'il est intéressant de prévenir les élèves, la question se pose rarement pour le prof de musique qui ne voit les élèves qu'une fois par semaine. Pour ma part, j'ai rarement été prévenu plus de 48 heures avant une inspection.

Vient le matin de l'inspection, je me réveille tranquillement, il est 7h30. Comment ça il est 7h30 ???? Mon réveil était censé sonner à 6h20 !!!!!! Au secours, j'ai plus d'une heure de route et je dois recevoir mon inspecteur dans 20 minutes !! Con de réveil qui choisit bien son jour pour tomber en panne ! J'appelle le collège sans penser à feindre la maladie (c'est bien bête de ma part). "Oui, M. Voinet, l'inspecteur est déjà là, il vous attend. Pas levé ? Je ne sais pas quoi vous dire, dépêchez-vous !" Ce qui n'était pas un conseil de grande sagesse à donner à quelqu'un qui a une heure de voiture à faire. J'ai bien sûr dépassé les limitations de vitesse dans l'espoir de pouvoir recevoir l'inspecteur pour mon cours de 9 heures. Douze camions de betteraves plus loin, j'arrive à mon collège, au coeur des Ardennes. Il est parti... Hum... Ça ne me rassure pas tellement finalement. Je me fais passer un savon par ma direction, rien d'anormal. En théorie, donc, je redoublerai mon année de stage. Quelques jours plus tard, un coup de téléphone de la secrétaire m'apprendra que l'inspecteur me donne une deuxième chance. Je reçois comme il se doit les conseils de prudence assénés avec force condescendance.

Deux réveils matin valent mieux qu'un, non, j'en emprunte même un troisième pour être sûr. Je le règle à 6h00 pour parer à toute éventualité. C'est bon, j'y suis, l'inspecteur aussi. Froid... froid... il accepte mes excuses, il est poli mais... froid, froid, froid.... Yish... Je fais mon cours tant bien que mal... je ne m'en rappelle pas bien le contenu. Ça ne devait pas être formidable. Vient le moment de l'entretien. Je me fais descendre en flêche sur le moindre détail. J'ai même droit à cette phrase : "Votre réponse déterminera ma décision finale." Heureusement, je ne suis pas trop du genre émotif. J'ai ensuite eu droit à quelques conseils (très bien) puis il a voulu savoir comment s'était passée pour moi la formation I.U.F.M. J'ai pu dire en toute simplicité, en choisissant mes mots, ce qu'elle m'avait apporté. Hasard ou non, les deux professeurs qui étaient confortablement installés sur le fauteuil de professeur I.U.F.M depuis des années et se croyaient dispensés de préparation de cours, n'ont pas été reconduits dans leurs fonctions. Le rapport écrit de l'inspecteur, incompréhensiblement, ne fera état que de mes qualités. Je ne discute pas l'attitude de cet inspecteur, pour moi, dans l'ensemble, il a fait son travail.
En conclusion, arriver une heure en retard à une inspection, à éviter !

On peut parler d'une inspection car j'étais bien devant un inspecteur de l'Éducation Nationale qui était là pour voir mon travail mais ce n'en était pas une vraie dans le sens où elle ne débouchait pas sur une note et n'influençait pas le reste de ma carrière comme les suivantes.

À suivre...

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8. Posté le 23 novembre 2014 à 23h59 par Imen


Vivement la suite !!!

7. Posté le 20 novembre 2014 à 21h06 par mat-cap


Merci pour ton article. Je connais le stress que peut représenter une inspection. Par contre, pour moi, le réveil a toujours sonné. Heureusement. En Anglais, ça peut être assez précis une inspection mais ça c'est toujours bien passé pour moi (J'ai connu deux inspections par deux inspectreurs/trices différents). Finger crossed !

Je ne t'ai jamais remercié pour toutes tes chansons britanniques et américaines qui sont une source très importance pour moi qui suis un peu guitariste et que je conseille systématiquement en stages. Bientôt je n'aurai plus besoin car ton site a déjà une super réputation. Ce n'est que justice.

6. Posté le 19 novembre 2014 à 14h59 par espace500


Le réveil qui ne sonne pas, ça m'est arrivé dans d'autres circonstances, bonjour le stress !! merci pour le témoignage, c'est toujours un plaisir de lire ces chroniques.

5. Posté le 19 novembre 2014 à 14h50 par Jean-Baptiste


@maindron. Il y a bien de exceptions mais la fatigue est bien réelle et les professeurs sont sous-formés, je vous rejoins bien volontiers. Et c'est quand on leur fait comprendre que les difficultés à l’intérieur d'une classe sont uniquement de leur fait qu'il y a un vrai dysfonctionnement. Combien de profs n'ai-je pas croisés avec un sourire de surface, affirmant que tout allait bien quand tout allait mal, par peur de parler... Chat échaudé...

4. Posté le 19 novembre 2014 à 14h46 par maindron


Les inspecteurs sont aussi souvent là pour "descendre " le prof qui n'obéit pas à sa hiérarchie. Règle première: l'inspecteur a toujours raison! ( même si finalement on a finit par abandonner la flûte à bec...). La charge de travail du prof de musique est énorme , il sert malheureusement souvent de défouloir pour les élèves et ses avis sont écoutés avec ironie aux conseils de classe. Il sert souvent souvent la soupe de la variété pour les chants étudiés en classe avec l'accord des inspecteurs. Le professeur de musique n'est pas formé à la gestion des conflits dommage! Il a beaucoup de mérite de ne pas casser la tête de l'inspecteur (qui veut se croire aussi gros que le boeuf!). L'inspecteur s'en retourne tranquillement dans sa tour d'ivoire et laisse le prof dans sa galère, il ne tient jamais compte de sa fatigue, l'inspecteur est toujours frais comme un gardon!

3. Posté le 19 novembre 2014 à 09h26 par Jean-Baptiste


Je ne vous cache pas que rien ne se passe comme prévu à la suite non plus. Mais de bonnes surprises...

2. Posté le 19 novembre 2014 à 09h24 par chant


J'espère que la suite est sur le même ton.

1. Posté le 19 novembre 2014 à 08h21 par jpf


lol. juste lol !