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Le solfège est-il indispensable pour apprendre la guitare

Par Jean-Baptiste le 23 avril 2018.



Cette question est importante pour tous les guitaristes ou tous les futurs élèves guitaristes. Est-ce que je peux apprendre seul (ou éventuellement avec un ami) à accompagner des chansons ou à jouer des solos sympas, sans prendre de cours de solfège ou est-ce que j'aurai besoin d'un minimum de théorie pour m'en sortir ?

Que visez-vous ?

Comme souvent dans un tel cas, la réponse est relative et dépend de vos attentes. Si, effectivement, vous avez très envie d'accompagner des chansons rock ou variété, en jouant les accords, éventuellement apprendre par coeur des solos, le solfège ne vous sera pas utile. J'ai même vu d'excellents guitaristes amateurs à la rythmique incroyable et au jeu impeccable avec des connaissances en solfège à peine rudimentaires.
Vous pourrez aussi apprendre à jouer les notes de musique sur tablature, qui vous proposera une représentation imagée du manche de guitare avec des numéros pour savoir où placer les doigts.
À l'inverse, vous serez coincés dans bien des cas : quand les tablatures indiqueront également les rythmes sous formes de blanches, noires, croches. Vous serez bien sûr coincés face à une partition, cela va sans dire. J'ai vu le cas de nombreuses fois. Quel que soit le contexte, on distribue une partition au clarinettiste, au pianiste, au guitariste, pour voir ce qu'ils peuvent faire ; il n'y a pas d'accords. Que faire ? Sans le solfège, il s'agira de se laisser reposer sur les autres. Et au bout du compte, composer et écrire la musique, pour la partager, ne sera pas possible sans l'avoir appris.

Comprendre ce qu'on joue

À la guitare, on serait tenté d'apprendre la position des doigts par coeur, pour les accords, sans se poser de questions. Mais on va tellement plus loin lorsque l'on sait de quoi est formé un accord. D'accord, on peut apprendre à jouer un Bm7 et ne plus poser de questions mais si l'on sait que cet accord est formé des notes si/ré/fa#/la, on saura former aussi l'accord de Bm6, sans forcément l'avoir appris, en décalant seulement un doigt.
Et les cordes de guitares qui sont chacune espacées d'une quarte (sauf entre sol et si), de la plus grave à la plus aiguë, est-ce un hasard ? N'y a-t-il rien à en tirer ? Bien sûr que si. Au niveau théorique, cela aura une importance considérable.

En résumé, je ne dirais pas qu'il est impossible d'apprendre la guitare seul, je dirais que, avec un professeur ou non, vous aurez tout à gagner à vous plonger dans la grammaire de la musique occidentale, le solfège, pour comprendre ce que vous jouerez. Vous irez tellement plus loin !


Complément de Lionel :

Une tablature est aussi efficace qu’un fichier midi karaoké sans la ligne de la mélodie. C’est suffisant dans un temps très court par rapport au succès de la chanson. Dix ans après, cela ne fonctionne plus.

Si vous avez entendu récemment une chanson et que vous trouvez sur internet, les paroles et la tablature, l’air étant tellement frais qu’il devrait être facile de gratter les cordes et d’en sortir quelque chose. Mais avec le temps qui passe, l’air ne sera plus dans la tête. Il n’y aura peut-être plus de références sonores et là ? Que faire ? Gratouiller les cordes ? Et rien ne sort. Les tablatures ne comportant pas le tempo, aucune référence au rythme ? Ce sera bien difficile. Et puis il y a tablature et tablature ou partition ?

Dans le milieu des guitaristes, souvent une partition ce résume aux paroles de la chanson avec le nom des accords placés sur les syllabes des mots. On ne sait pas si c’est un 3 / 4 ou un 12 / 8 et encore moins le battement par minute. Les tablatures sont effectivement les six lignes représentant les cordes de la guitare avec les numéros pour la position des doigts dans les cases. http://oukelelatab.free.fr/

Sur une partition commerciale, les trois portées donnent beaucoup plus d’informations et les siècles passant, les partitions laissées par Mozart et tous les autres sont encore compréhensibles. Les musiciens ayant appris le solfège peuvent encore les décrypter. Je ne suis pas certain qu’une tablature actuelle puisse encore être exploitable dans un ou deux siècles.

Si l’on pouvait savoir quel pourcentage de travail mental représentait l’apprentissage du solfège et le pourcentage de l’apprentissage des tablatures, je ne suis pas sûre qu’il y ait une grande différence. De même que pour le décryptage que les yeux voient des chiffres dans des cases sur une ligne pour que les doigts puissent produire les notes sur l’instrument. Combien de microsecondes ? Et le même temps de décryptage des notes de couleur sur des lignes pour que les doigts puissent les jouer sur un piano.

Quel serait le temps en microsecondes ?

Le problème est déjà résolu d’avance. Les partitions commerciales sont très rares et devenues un produit de luxe. Ne circulent que les partitions de titres assez anciens et si des généreux donateurs ont bien voulu les mettre dans le circuit.

Les tablatures sont gratuites, un titre récent dans l’heure qui suit la tablature est sur internet. Tout le monde aujourd’hui joue de la musique Kleenex. Je découvre, je décrypte, je me fais plaisir une minute et je passe à la suivante et je râle sur tous les réseaux et forums lorsque je ne trouve plus ma pitance musicale. Car tout bon musicien aujourd’hui ne sait plus écrire la musique.

Cherchez l’erreur !!


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2. Posté le 24 avril 2018 à 08h42 par Ugoprelles


Pianiste, j'utilise volontiers les relevés d'accords + paroles qu'on trouve facilement sur internet. S'ils peuvent laisser l'instrumentiste donner libre cours à l'accompagnement d'une chanson, il est vrai tout d'abord que ces relevés ne donnent pas précisément le nombre d'accords par mesure. J'ajoute pour cela des barres verticales au-dessus des paroles que je recopie. Je ne pense pas que la mémorisation de la mélodie de chansons très connues pose problème dans le temps. Tout le monde a bien dans l'oreille l'air de "La maladie d'amour" 30 ans après Mais je m'aperçois que j'oublie très vite les rythmiques que j'ai trouvées pour telle ou telle chanson. Et c'est là où toute la force du solfège intervient : pour les chansons que j'aime chanter, j'écris non pas des partitions complètes mais au moins les passages significatifs de la partie piano. Et avec un logiciel commme Musescore, on peut aussi écouter le résultat pour se faire une idée. Voici un exemple sur "Coco Câline" de Julien Doré : https://youtu.be/Sluxw3uNtvY

1. Posté le 23 avril 2018 à 10h21 par Jean-Baptiste


Lionel m'avait écrit un commentaire tellement complet et bien ficelé, que j'ai choisi de le rajouter directement dans l'article. Merci Lionel. Et effectivement, la tablature moderne ne passera certainement pas les siècles, je suis d'accord. La partition par contre... elle est là pour rester.

Savez-vous qu'on me demande assez souvent : « Et tes sites, ça va ? Les gens ne se lassent pas ? » Je ne suis qu'un humble éditeur de partition mais j'ai choisi de travailler sur un "produit" qui surpasse les modes. Ainsi, je pourrais bien être encore là quand tout le monde aura oublié Instagram et la dernière Start-up.