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Éducation musicale au collège, un cours type

Petit journal d'un prof de musique - Épisode XIV

Par Jean-Baptiste le 07 janvier 2015.



Le cours d'éducation musicale au collège, à l'instar du cours de français est organisé en séquences. Un thème suggéré par les programmes mais choisi par l'enseignant est conservé pendant 4 à 6 semaines. Ces thèmes peuvent être, par exemple, La musique religieuse, Tradition et modernité, Musique chinoise, La naissance de l'opéra, Le jazz, La musique au Moyen Âge, La musique de film... Autour de ce thème sont choisis une audition et un chant. Voilà pour la base, entrons maintenant dans le détail avec un cours type, mettons la deuxième séquence de l'année, premier cours, après les vacances de la Toussaint.

Il n'est jamais vain de demander aux enfants s'ils ont passé de bonnes vacances (en général, c'est plutôt oui mais elles étaient trop courtes) avant de se mettre au travail. Les contrôles ont été corrigés. Il faut les rendre. Ils ne sont pas très difficiles ; ils étaient là pour vérifier que la toute petite dose de travail à la maison demandée a été fournie et que l'année commence bien. Les notes ne sont pas mauvaises, les élèves prennent confiance, c'est important. Un petit mot d'encouragement individuel ou collectif. La correction définitive est effectuée par les élèves.

C'est le moment de la nouvelle audition. Les consignes sont rappelées. Nous allons écouter une musique qui durera tant de temps. Pendant la musique, je ne veux pas un bruit. Je ne demande pas seulement de ne pas parler mais de ne pas faire le moindre bruit. Ce n'est pas le moment de bouger sa chaise, de fouiller dans sa trousse, de chercher un mouchoir ou autre... À la fin de cette audition ils pourront me dire tout ce qu'ils souhaitent sur cette musique, les impressions, les différentes parties, les instruments reconnus (s'il y en a), réexploitation du vocabulaire musical déjà connu (tempo, intensité, hauteur...). Audition. J'écoute les élèves. Mains levées. Frustration au début pour les choses les plus simples à dire puis le nombre de mains levées diminue. Sauf exception, la réponse du professeur est toujours "oui" ou "bien" ou "d'accord" puis on essaie de préciser, si possible quand tout le monde a parlé. J'amène les élèves vers les objectifs attendus pour une séance, quelques objectifs seulement : une notion, un ou deux mots de vocabulaire. Si je souhaite que les élèves retiennent un thème ou un extrait du thème musical, ce thème sera réécouté, puis chanté tous ensemble puis répété la semaine suivante. C'est ce qui fait que le chant est l'activité la plus importante de cours de musique car elle revient sous plusieurs formes et à plusieurs moments du cours.

Si c'est approprié, ce sera le moment d'une activité instrumentale. Si le thème engagé est la musique chinoise, il sera important de pratiquer la gamme pentatonique avec un exercice de créativité à base de chant, carillons et petites percussions, par exemple. Si nous avons commencé de travailler sur l'opéra, le projet de chant peut être amplifié après une bonne préparation. On peut en profiter pour insister sur le rôle de chaque voix ou proposer des extraits d'opéra vidéos ou travailler sur les maisons d'opéra et les mécanismes de mise en scène dans l'opéra baroque... Ce ne sont que des exemples.

Vient ensuite le moment du chant. Les programmes invitent à proposer des choix de chants variés tout au long de l'année. Je suis d'accord et c'est important mais il faut que la partie chant reste un moment agréable pour les élèves. Il s'agit bien d'un travail, où le professeur a des exigences précises et fait progresser les élèves mais il est important que les enfants ne le voient pas ainsi. Ce moment, toujours en fin de cours, entre 10 et 20 minutes suivant le temps disponible, est souvent attendu par les élèves et il sera plus facile de se concentrer en première partie de cours si l'on sait qu'il y a un moment agréable voire de détente en fin d'heure. Le chant est tout d'abord interprété dans le silence par le professeur (ce n'est jamais un enregistrement qui est écouté) puis l'apprentissage commence avec un premier court extrait, puis un deuxième mais jamais un troisième sans avoir enchaîné les deux premiers, et ainsi de suite jusqu'à la sonnerie.

Les semaines suivantes seront consacrées à développer puis terminer tout ce qui a été initié pendant cette première séance. L'évaluation écrite d'une vingtaine de minutes sera réservée à la dernière séance. Les évaluations orales pourront intervenir un peu à n'importe quel moment à partir de la troisième séance, petits groupes par petits groupes si c'est adapté, sinon en groupe complet. Le barème sera clair et transparent pour que les élèves n'y voient jamais d'injustice.



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7. Posté le 09 janvier 2015 à 15h00 par edmusco


Entendu, merci pour le commentaire rapide !

6. Posté le 09 janvier 2015 à 14h56 par Jean-Baptiste


Nous sommes tout à fait d'accord sur la place du chant. J'aimerais vous renvoyer à un article que j'ai écrit il y a peu mais malheureusement je ne l'ai pas encore mis en ligne, ce sera le cas prochainement. Il s'appelle "La place du chant dans les cours de musique au collège".

Sans table, ce n'était pas très difficile. Je possédais 30 tablettes carton (des "pads" en anglais) que je distribuais lorsqu'il fallait sortir le stylo, principalement pour les 10-15 minutes d'évaluations écrites. Ce sera peut-être le sujet d'un article... Je n'y avais pas pensé.

5. Posté le 09 janvier 2015 à 13h47 par edmusco


Pour terminer au sujet de la liberté pédagogique et de la disparition imposée des tables, le corps d'inspection devrait pourtant savoir, avec un peu de bon sens, que les professeurs qui travaillent dans des conditions qui leur conviennent sont d'autant plus sereins et efficaces et qu'il est contre-productif de les brimer en leur imposant une organisation de leur salle de classe sans tenir compte de leur avis, en les infantilisant et en les transformant en simples "exécutants", à plus forte raison à l'heure où les candidats ne se bousculent pas autant qu'il serait nécessaire (euphémisme) aux concours de recrutement pour les métiers de l'enseignement.
De plus, cette disparition des tables qui a pour objectif affiché la "mobilité" des élèves dans un espace non sécurisé et non prévu pour cela (une salle de classe) peut constituer une mise en danger de ceux-ci par les risques d'accidents, de chutes, de blessures qu'elle induit et pour lesquelles la responsabilité du professeur pourra être recherchée par des parents aujourd'hui notoirement procéduriers. Gageons qu'en cas de problème de cette nature, la faute en reviendra à l'enseignant car le corps d'inspection, pourtant à l'origine de ces "innovations", saura se couvrir et sera aux abonnés absents.

4. Posté le 09 janvier 2015 à 13h33 par edmusco


Oui, mais "le moment du chant" c'est durant tout le cours maintenant, c'est ce que je voulais dire ; le cours n'est plus scindé en plusieurs activités enchaînées (enfin, théoriquement).
Sans tables, donc interros sur les genoux ? pas très pratique. Quoi qu'il en soit, les professeurs qui souhaitent conserver leurs tables devraient pouvoir le faire au nom de la liberté pédagogique (bien bafouée ces derniers temps). Le problème est que les professeurs d'éducation musicale se transforment de plus en plus en animateurs de MJC (plus de transmission de connaissances, influence du pédagogisme promoteur de l'enseignement de l'ignorance et des activités de guignol au nom du relativisme culturel, cette forme d'escroquerie intellectuelle qui considère que tous les répertoires se valent et que taper sur ses cuisses en retournant des gobelets ou "produire du son avec son corps" à la manière du pétomane, c'est faire de la musique). Les élèves méritent pourtant mieux que cela. Espérons que les programmes actuellement en cours de réécriture seront plus exigeants et prendront en compte l'apport de connaissances culturelles et historiques structurées qui seules, mises en relation entre elles, permettent de penser et de développer son esprit critique. En ce moment, les programmes et les directives pédagoles d'application favorisent le nivellement par le bas et le "cours garderie".

3. Posté le 09 janvier 2015 à 13h03 par Jean-Baptiste


Merci pour le partage. Je crois pourtant bien parler d'activités regroupées sur un thème (imbriquées si vous voulez). Je ne crois pas avoir non plus parlé de tables vu que je n'en avais plus depuis 10 ans. Programme ou pas, activités imbriquées ou pas, l'essentiel reste de faire de la musique, je pense.

2. Posté le 08 janvier 2015 à 13h45 par edmusco


Article intéressant mais qui relate un cours d'éducation musicale d'avant les programmes de 2008. Aujourd'hui, le cours est fondé sur l'approche par compétences uniquement et les activités de perception (écoute) et vocales (production) sont imbriquées les unes dans les autres. Dans certaines académie, les IPR incitent fortement à la disparition des tables pour les élèves au prétexte que ceux-ci n'avaient plus à écrire, que tout fonctionnait à l'oral et qu'il n'était plus question de faire des contrôles de connaissances et, cédant aux sirènes de la propagande pédagogiste, beaucoup de professeurs cèdent à cette injonction.

1. Posté le 07 janvier 2015 à 13h15 par Jean-Baptiste


Un collègue me précise, sur un autre forum, quelque chose qui m'arrivait aussi fréquemment. Lors de l'écoute d'un orchestre symphonique, il y a toujours un élève pour lever la main et dire "Y a un violon". Oui, c'est vrai, c'est vrai...