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Deux heures de chorale dans les écoles et les collèges

Par Jean-Baptiste le 13 décembre 2017.



Annonce de Jean-Michel Blanquer : 20 millions d'euros seront débloqués pour le développement de la musique à l'école, en accord avec le ministère de la culture, qui mettra également la main à la poche. Objectif : une chorale dans chaque école et dans chaque collège en 2019. Effet d'annonce ? Disposition pérène ? Quelles applications ? Permettez-moi de vous donner mon avis.

Une école sur quatre

Ce chiffre est faible, sans aucun doute. Il est même encore plus faible si on prend en ligne de compte que les profs des écoles font souvent un travail de chant avec leur propre classe uniquement. Ce qui fait que la chorale est, premièrement obligatoire dans le niveau concerné, deuxièmement, inexistante dans les autres niveaux. Alors comment instaurer une chorale dans l'établissement. À première vue, il n'y a pas d'autres solutions que de se payer un intervenant extérieur et là je dis oui mais. Le ministre arrive plein de bonne volonté avec ses jolies idées mais les contraintes des municipalités et des établissements étant ce qu'elles sont, c'est bien souvent tout au bas de l'échelle qu'on essuie les plâtres des décisions prises au plus haut niveau. YAKA !! Mais oui, on va trouver un animateur choral pour notre école de campagne, il suffit de demander.

En collège

Une règle, globalement appliquée avec exception, demande à ce que tous les collèges proposent une chorale ou un atelier instrumental à leurs élèves, en précisant qu'il peut y en avoir deux pour les plus gros établissements. La loi étant pernicieuse, elle oblige donc les chefs d'établissement à mettre cet atelier en place, mais n'oblige pas les professeurs de musique à l'assumer, surtout si toutes les heures de service sont utilisées pour les cours. Passons les détails. Passer à deux heures. Oui. Pourquoi pas. Le ministre a-t-il connaissance de ce qui se passer réellement dans les collèges ? A-t-il interrogé les élèves pour commencer, pour connaître leurs attentes, les parents (éventuellemnt) et les professeurs concernés ? Je n'ai pas cette info, mais je n'en ai vraiment pas l'impression.

Pourquoi chorale ?

Vous vous en doutez, j'ai le plus grand respect pour la chorale mais je me pose la question : pourquoi spécialement une chorale ? Blanquer, avant même d'être ministre, pronaît l'autonomie des établissements. C'était quoi ça ? Des mots ? Ou alors juste une autonomie financière pour faire des économies ? Dans beaucoup d'établissements, une heure de chorale, c'est ce qu'il faut, ni plus ni moins et ça se passe pas mal. Ce dont auraient besoin les collègues, ce n'est pas d'une deuxième heure mais qui d'un micro, qui d'une nouvelle estrade, qui d'un nouveau piano, etc.

D'ailleurs, la chorale, c'est ainsi, est souvent gonflée avec les bons élèves, avec des exceptions, heureusement, mais pas tant que cela. D'ailleurs ce n'est pas tant une histoire de bons élèves qu'une histoire de premièrement, pouvoir rester en place 30 minutes ou 1 heure et d'avoir une idée positive de ce que représente la chorale. Il y a des établissements qui ont des ateliers slam ou rap, animés par des surveillants ou des intervenants extérieurs, qui fonctionnent très bien. D'autres mettent l'accent sur le sport parce que c'est ce qui fonctionne pour générer un esprit de groupe et qui auraient bien besoin de moyens supplémentaires dans ce domaine.

Alors "éveiller la curiosité des enfants", "construire des projets", oui mais est-ce au ministre de décider de dont les élèves ont besoin ?


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4. Posté le 21 décembre 2017 à 08h50 par musicausse


"options facultatives" S oublié dans mon message précédent.
D'ailleurs, quand je lis "ateliers slam ou rap", je me dis que l'Education nationale est tombée dans la démagogie, dans le divertissement et que certains collègues d'éducation musicale qui devraient s'offusquer de la mise en place de tels ateliers si éloignés d'une conception authentique de la musique, feraient bien de retourner sur les bancs de l'Université.

3. Posté le 21 décembre 2017 à 08h45 par musicausse


Enfumage complet, cette histoire de chorale. Devant la suppression probable des options facultative en lycée (voir ce qui fuite des auditions de la commission chargée de mettre en place le futur bac de 2021), il s'agira de recaser les profs de musique en lycée qui n'auront plus d'heures, d'où cette manne (provisoire, bien sûr) de 2 heures de chorale. Et pour quel répertoire ? La chorale n'est présentée que sous l'aspect positif en terme de socialisation des élèves, de "vivre-ensemble", de développement de compétences, mais où est la musique dans tout ça ? Si c'est pour faire chanter les chollégiens à l'unisson (ou à deux voix au mieux) avec un accompagnement pré-enregistré (donc, du karaoke, finalement), du Jennifer, du Vianney, du Zaz ou du Beyonce, que de temps perdu avec de minables produits de l'industrie culturelle (chants en anglais ou, pour les chants français, prosodie irrespectueuse de la langue, mélodie incohérente qui tourne sur trois notes tassées dans le grave ou dans le suraigu, enchaînements harmoniques incongrus), je crois que le Ministre, qui doit avoir à l'esprit quelque chose qui se rapproche du film 'Les choristes" n'a aucune idée de ce qu'est réellement une chorale de collège aujourd'hui.

2. Posté le 13 décembre 2017 à 10h54 par Jean-Baptiste


Oui, sauf que les ministres n'ont pas obtenu une rallonge pour ce projet. Il sera pris sur leur budget de fonctionnement. En d'autres termes, il s'agit de 20 millions qui ne seront pas mis sur d'autres activités.

1. Posté le 13 décembre 2017 à 00h14 par lionel93


Bonjour

Nous avons, nous contribuables, l'impression que l'argent sort d'un chapeau. Et 20 millions par ici, et autant de millions par ici.
Sous quel forme cet argent va t-il se transformer pour concrétiser au bout du bout une chorale ? Qui va toucher au grisbi ? Combien par établissements ? Si tout est bien réparti, par classe que va -t-il vraiment rester pour l'achat des partitions sachant qu'à l'éducation nationale, il n'est pas question de faire du photocopillage. C'est vraiment mal barré. Encore une idée qu'elle est bonne, mais cela risque de ne pas allez plus loin que le discours. Peut-être pour nous détourner d'autres choses plus important.