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Connaître la contrebasse grâce à Patrick Süskind

Par Jean-Baptiste le 01 janvier 2016.



Grâce à Patrick Süskind et au héros anonyme de sa pièce de théâtre La contrebasse (1984), contrebasse III dans l'orchestre national, on en apprend beaucoup sur cet instrument. En même temps indispensable et secondaire, notre contrebassiste semble compenser un manque d'ambition et de génie par une connaissance livresque impressionnante sur l'instrument qu'il a choisi, plus ou moins malgré lui, poussé par le besoin naturel de se mettre en retrait. Revenons sur les points forts des affirmations du musicien en partant de citations. Titre original : Der Kontrabass, traduction de référence : Bernard Lortholary.

La base de l'orchestre

Il y a une chose qui n'est pas pensable, c'est un orchestre sans contrebasse.
On peut même dire (c'est une définition que je vous donne là) qu'un orchestre n'est
un orchestre qu'à partir du moment où il y a une contrebasse. Il existe des orchestres
sans premier violon, sans instruments à vent, sans percussions, sans tambours ni trompettes,
sans tout ce que vous voulez. Mais pas sans basse.


Alors, nous parlons de basse ou de contrebasse ? La basse est en effet à la base de l'écriture harmonique pour quatuor ou pour orchestre depuis la Renaissance. Mais nous parlons de n'importe quelle basse. Ce sera la voix pour une chorale, un basson ou une clarinette basse pour un orchestre à vent, le tuba pour un groupe de cuivres et le violoncelle pour l'orchestre de la période baroque et classique. Pendant cette période, le XVIIIème siècle, la contrebasse venait en soutien de la basse (le violoncelle). Dans l'orchestre type de Mozart, d'ailleurs, bien souvent il n'y en avait qu'une.

L'archet

...d'ailleurs, c'est qu'il y a de mieux dans la basse, c'est l'archet. Un Pfretzschner !
Il vaut actuellement la bagatelle de deux mille cinq cent marks. Quand je l'ai acheté, je l'ai
payé trois cent quarante marks. C'est dingue comme les prix ont grimpé en dix ans, pour ces
choses-là. Enfin bon.


Saviez-vous que pour un instrument à cordes frottées, le prix de l'archet pouvait représenter un pourcentage très important du coût final de l'instrument ? Il s'achète à part et peut coûter plusieurs milliers d'euros. Comme pour les violons, il n'y a aucune limite de prix théorique, comme sur le marché de l'art.

Les fréquences graves

Vous entendez ? Contre-mi. Très exactement quarante et un hertz virgule deux, si
elle est bien accordée.


On dit que l'oreille humaine commence à percevoir les fréquences à partir de 20 Hz. À cette fréquence, on commence tout juste à différencier un nombre de battement par seconde d'une note. Le contre-mi de la contrebasse est une des notes les plus graves dans le monde de la musique. Seule la contrebasse allemande, le contre-basson et l'orgue descendront plus bas encore.

Le nombre de cordes

Y a aussi des basses qui vont plus loin dans les graves. Jusqu'au do ou même jusqu'au si.
Ce qui ferait, du coup, trente hertz virgule neuf. Mais pour ça, il faut une basse à cinq cordes.
La mienne est à quatre cordes.


Nous venons justement d'en parler. En gros, la contrebasse allemande possède cinq cordes : DO MI LA RÉ SOL et la contrebasse française, la plus répandue, n'en a que quatre : MI LA RÉ SOL. La technique de tenue de l'archet n'est pas la même. La contrebasse jazz est un peu plus petite et possède également quatre cordes, moins tendues pour être pincées à la main.

Dans l'aigu

Il faut dire que dans les aigus, je n'ai rien qui me limite, en théorie ; il n'y a que des
limites pratiques. Tenez, par exemple, si je vais jusqu'au fond de la touche, je monte
jusqu'à l'ut troisième...


C'est tout à fait exact et c'est valable pour tous les instruments à cordes munis d'un manche. Au niveau fréquence, et pour dire les choses autrement, à chaque fois que l'on divise la corde en deux, on passe à l'octave supérieure. Ainsi, en théorie, on peut toujours diviser la corde en deux, puis en deux, puis encore en deux. Au bout d'un moment, la seule limite est l'épaisseur de l'ongle !

Psychologie de la basse

La contrebasse est l'instrument le plus affreux, le plus pataud, le plus inélégant qui ait
jamais été inventé. Le quasimodo de l'orchestre...


Qu'en pensez-vous ?


Crédit photo : © Bernard Richebé. Clovis Cornillac dans une mise en scène de Daniel Benoin. Voir site web. Après Jacques Villeret, Cornillac s'attaque à un morceau de bravoure. Un one-man show d'1h40, une véritable performance, un vrai défi :


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1. Posté le 02 janvier 2016 à 19h20 par lionel93


A trimbaler dans le métro aux heures de pointe c'est un sport intense.