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Le Moyen Âge chez Brassens

Par Jean-Baptiste le 25 juin 2018.



Georges Brassens était spécialiste des références à l'antiquité, comme nous l'avons vu récemment. Mais plus que la période antique, ce sont les dieux de la mythologie qui avaient leur importance dans son imaginaire. Sa période de prédilection est sans aucun doute le Moyen Âge et je m'en vais vous le démontrer tout de suite avec ces simples paroles...
Ah ! que n'ai-je vécu, bon sang !
Entre quatorze et quinze cent.
J'aurais retrouvé mes copains
Au Trou de la pomme de pin,
Tous les beaux parleurs de jargo
...extraites de la chanson peu célèbre mais bien évocatrice, Le moyenâgeux, où l'auteur fantasme une période médiévale où tout est plus simple (l'amitié, l'amour, le sexe et même la mort) et où il trouverait plus facilement sa place que dans le monde moderne. Car tout est là. Brassens possède une nostalgie d'un temps passé que l'on retrouve dans de nombreux textes. Je vous invite à écouter ou à lire les paroles de Les Funérailles d'antan ou La rose, la bouteille et la poignée de main, Jeanne. On pourrait citer aussi la célèbre Ballade des dames du temps jadis, qui constitue un bel exemple de mise en abîme, Brassens citant la nostalgie d'un auteur du Moyen Âge, François Villon, lui même nostalgique d'un temps plus ancien, d'ailleurs toujours situé au Moyen Âge, période couvrant dix siècle, je le rappelle.
Qui beaulté ot trop plus qu'humaine
Mais ou sont les neiges d'antan ?
Mais alors qu'est-ce qui était si chouette et si enviable pendant cette période pré-Renaissance ? Qu'est-ce qui était ancré dans l'imaginaire de Georges Brassens pour provoquer cette nostalgie du temps passé ? Peut-on trouver des réponses à ces questions dans ses chansons ? Commençons par Carcassonne. Bien que celle-ci se déroule à l'époque contemporaine, où souhaite se rendre le héros âgé de cette chanson avant de mourir ? Dans la cité médiévale fortifiée, comme pour être sûr de revenir aux sources au moment de la mort. Ça ne pouvait pas être Narbonne, il fallait que ce soit Carcassonne (bien que le texte soit de Gustave Nadaud, ce qui ne change rien). L'auteur semble se mettre lui même en garde dans cette chanson. L'herbe est toujours plus verte et plus belle ailleurs. Ailleurs ou... avant !
Mon Dieu ! mon Dieu ! pardonnez-moi
Si ma prière vous offense ;
On voit toujours plus haut que soi,
En vieillesse comme en enfance.
Dans La route aux quatre chansons, Brassens visite quatre chansonnettes traditionnelles, issues directement d'histoires moyenâgeuses pour les réécrire à la sauce moderne ; la modernité du milieu des années 60, pour être bien clair. La conclusion ? Plus rien n'est plus gratuit aujourd'hui et la peur règne en maître. La marjolaine de Dijon, les belles dames du Pont d'Avignon, la fille du geôlier de Nantes et la blonde auprès de laquelle j'aimais dormir ont fait fi de leur noblesse.
La Marjolain' pleurait surtout
Quand elle n'avait pas de sous
La Marjolain' de la chanson
Avait de plus nobles façons. [...]
Hélas ! du jardin de mon père
La colombe s'est fait la paire
Par bonheur, par consolation
Me sont restées les quatr' chansons.
Elles sont intéressantes, ces deux dernières strophes, vous ne trouvez pas ? Qu'est-ce qui est resté de ces vieilles chansons ? Le souvenir ou simplement l'idée d'un passé fantasmé et donc meilleur. De quoi a-t-on vraiment la nostalgie, tous (ou presque) ? Eh bien de l'enfance ; un temps passé où tout était plus simple et où nous étions plus heureux. Georges Brassens ne fait pas exception.

Le Moyen Âge est également présent dans l'évocation de la royauté avec des textes comme Le roi boiteux, de Gustave Nadaud encore, Le Verger du roi Louis, de Théodore de Banville et surtout chez Le Petit Joueur de flûteau, qui est heureux comme il est, dans la simplicité, sans grande richesse, sans gloire, sans blason et avec un peu de musique ; Tiens... un peu comme le Georges Brassens qu'on aime, en fait ?
Le petit joueur de flûteau
Fit la révérence au château
Sans armoiries, sans parchemin
Sans gloire il se mit en chemin
Vers son clocher, sa chaumine
Ses parents et sa promise
Nul ne dise dans le pays
Le joueur de flûte a trahi
Et Dieu reconnaisse pour sien
Le brave petit musicien.


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1. Posté le 25 juin 2018 à 17h52 par crin


Bien qu'il ne soit pas de "haut rang" comme ses prédécesseurs (qui eux faisaient exécuter leurs oeuvres par des ménestrels)
........c'était un Troubadour......(occitanie oblige)
Merci pour tous ces article, et le site en général.
Crin