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Les 10 phrases que les professeurs de musique détestent entendre

Par Jean-Baptiste le 26 décembre 2017.



Que dire à un professeur de musique de collège quand on le rencontre ? Pour cela je vous donne rendez-vous en fin d'article mais en attendant, voici les phrases que je vous propose absolument de ne pas dire car elles sont entendues et réentendues, et mettront votre interlocuteur dans de mauvaises dispositions :

La musique, ça doit pas beaucoup les intéresser ?

Ah bon, et pourquoi cela ? Parce que c'est une matière secondaire, parce qu'elle n'est pas au brevet ou peut-être tout simplement parce que cela ne vous intéressait pas, vous ? La musique, enseignée par un professeur dynamique et intéressé, peut être un moment très important dans la journée d'un collégien et peut lui apporter une vraie bouffée d'air frais. On a vu souvent des élèves en difficulté faire le maximum pour rapporter une bonne note de chant.

Ça doit être le boxon ? En tout cas, moi, à mon époque, on faisait les cons...

À votre époque, oui. En tout cas, ce dont vous vous souvenez. Aujourd'hui, les professeurs de musique sont des professeurs à part entière et pas de vagues vieux musiciens intervenants (je ne parle pas ici des dumistes mais des anciens professeurs chargés de faire de la musique dans la classe avant la création du capes de musique) venus faire chanter des vieilles chansons de vieux manuels. Il n'est pas rare de trouver des professeurs qui prennent très à coeur leur matière et qui n'acceptent pas davantage de bruit que le professeur de mathématique et même un peu moins pour une bonne raison : en cours de musique, le bruit, on l'organise.

La flûte à bec, c'est super moche !

C'est votre opinion mais sachez que les professeurs qui pratiquent encore la flûte le font le plus volontiers du monde, ne la travaillent pas à partir du solfège mais beaucoup plus librement et ont de très bons résultats. Mais la très grande majorité a laissé tomber cet instrument qui avait mauvaise presse au profit des percussions et du chant.

Il faut leur faire écouter du rap

Oui, merci du conseil. Autant il peut être très adapté de bosser une séquence sur le rap, aller plus loin que ce qu'ils connaissent, interpréter, créer du rap, autant l'écoute répétée de cette musique urbaine ne rentrerait pas dans les programmes qui proposent des écoutes et des pratiques venues de différentes époques et de différents styles.

Ouais, un peu de musique, ça fait pas de mal

Les professeurs de musique sont souvent très fiers de leur discipline et sont convaincus de l'importance qu'elle a pour les élèves. Quelle importance ? Celle d'apporter une vision différente de l'enseignement, celle de faire travailler l'intellect différemment, dans le sens de l'écoute, de l'attention, de la sensibilité, de la création.

Tu ne dois pas connaître beaucoup les élèves

Ceci dépend de la personnalité de chacun. Il peut être frustrant de ne voir les élèves qu'une heure dans la semaine mais on peut parfaitement, en un temps aussi court, créer un vrai rapport. Un prof de fac qui voit ses élèves 6 heures par semaine pour un cours d'amphi ne les connaîtra pas forcément mieux, d'ailleurs.

Tu es prof de musique, tu dois connaître cette musique ?

Ouais... mais des musiques il y en a beaucoup, tu sais. Qu'il s'agisse d'une musique classique ou moderne, pardonnez au professeur spécialisé dans la matière de ne pas connaître votre musique, exactement comme un professeur de français n'a pas lu tous les livres.

Il est mort en quelle année, au fait, Tchaïkovsky ?

Les professeurs de musique ne connaissent pas les dates de naissance et de décès de tous les compositeurs classiques, loin de là. Personnellement, en dehors en Mozart, Beethoven et Bach... il faut que je regarde.

J'ai acheté une guitare de telle marque, ça vaut quoi ?

Premièrement, demandez au professeur de guitare concerné, ça ira plus vite, ensuite, une marque c'est une marque, ce n'est pas une guitare. Il faut voir la bête, jouer dessus, et si possible être guitariste. Pour une même marque, on peut avoir des prix qui vont du simple au décuple, alors... ça ne signifie pas grand chose.

Tu ne connais pas un prof de trompette sur Bordeaux ?

Alors, j'habite Strasbourg et je joue du violon, donc, euh... c'est comme si j'étais vendeur automobile à Poitiers et que tu me demandais si je connaissais un bon garagiste à Rouen.

Alors de quoi peut-on parler à un professeur de musique ? Eh bien n'hésitez pas à raconter votre expérience de collégien, c'est toujours intéressant mais tout en restant ouvert à ce qu'est le cours d'éducation musicale aujourd'hui. Et si vous posiez simplement la question : « Que fais-tu avec tes élèves ? ».


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4. Posté le 26 janvier 2018 à 15h39 par Clairem


Trop drôle cher Monsieur VOINET! Vous pourriez en faire un sketch...Merci.

3. Posté le 21 janvier 2018 à 19h41 par Pixelline


Bonsoir,
Quand j’étais au collège( il y a longtemps...) j'aimais bien le cours de musique, on disait comme ça à l'époque.Mes parents n'avaient pas les moyens de nous faire donner des cours extérieurs de musique. Ce que j’apprenais sur le sujet , c'était en classe. Je me souviens de l'harmonium que le prof apportait, fallait ''pomper'' . Et le best , la chorale tous les mardi matin ,facultatif, fallait venir 3/4 heure plus tôt, chaque semaine je changeais de groupe, j'apprenais toutes les voix (pendant que certains recopiaient les devoirs des autres!!si si ) Malgré mes -- printemps, j 'ai encore mon bouquin de musique du collège. Dommage qu'il n'y avait pas musique au lycée.
Je ne suis pas musicienne , mais j'ai aimé et j'aime la musique depuis.... toujours. Pas étonnant que je suis à la chorale dans mon village et village voisin, et que je fasse ''collection'' de partitions.
En résumé , mes années collège /musique = que du bonheur. Merci à mes profs qui ont su me donner le gout musical.
Maintenant je suis intervenante scolaire en Alsace au doux nom de IDR , j'essaie de faire entrer la musique dans mon cours ( chant , musique sacré et profane)
Même en retraite, je continuerai de chanter sauf si je fais la chèvre.... oui oui j'ai des amis choristes (surtout sopranos) qui bêlent en vieillissant...mais chut .
En tant que parents d'élèves, j'ai toujours eu de bons rapports avec les profs de musique que j'allais voir aux réunions parents/profs, y'a pas que les maths dans la vie! Nos enfants ont une heure''autrement'' c'est dans cette heure là qu'ils se révèlent, n'est pas M.Bilger? un prof super qui a fait aimer la musique à mes enfants et aux autres.
Un prof comme ça il y en a plein, laissons les s'épanouir ... merci

2. Posté le 27 décembre 2017 à 17h27 par musicausse


Avant l'instauration du CAPES (et de l'agrégation) d'éducation musicale (1974 et 1976) existait le CAEM, depuis les années 1950, un concours difficile (épreuves de solfège, harmonie, commentaire, histoire de la musique etc.) et même si tous les professeurs d'éducation musicales n'étaient pas certifiés dans les années 1960-70, les parents de collégiens actuels étaient eux-mêmes collégiens dans les années 1980 et avaient ou commençaient à avoir des professeurs formés à l'Université.
Pour le reste, la manière dont la matière est perçue dépend aussi du soutien effectif ou non de la hiérarchie, chef d'établissement, IPR.
Ensuite, les programmes actuels qui visent davantage au développement de la socialisation des élèves, du "vivre-ensemble" et de la "gestion" du projet musical au travers du travail de groupe (afin de les préparer au monde professionnel davantage qu'à la connaissance de la musique) discréditent l'éducation musicale en l'instrumentalisant et en faisant de l'utilitarisme. Penchez-vous sur les programmes de 2016 et SURTOUT sur les documents d'accompagnement, un concentré de langage pompeux, pédagogiste (socio-constructivisme hérité des années 1970, tu parles d'une innovation... il n'y a qu'à voir les dates d'édition des références bibliographiques) et où il n'est pratiquement pas question de musique.
Enfin, bien que ce ne soit pas écrit en toute lettre, la flûte à bec est quasiment de facto interdite dans les cours d'éducation musicale (et bien d'autres choses le sont aussi, si l'on suit aveuglément les "directives" des IPR).

1. Posté le 26 décembre 2017 à 21h01 par Mijanou


C’est trop vrai. J’entends ces phrases souvent.