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Interpréter une chanson

Par Lionel le 12 décembre 2016.


L'interprétation, c'est le fait de s'approprier un texte et de la déclamer suivant sa sensibilité et son ressenti. C'est exactement la même chose pour une musique, avec ou sans paroles pour une chanson.

Lorsque l'on apprend à écrire à l'école, le maître, insiste sur l'orthographe et la grammaire, mais également sur la ponctuation. C'est souvent un peu cette dernière qui est négligée de nos jours. Nous faisons tous attention à l'orthographe et aux règles grammaticales, mais, moi le premier, j'oublie souvent les virgules, les points-virgules ; les doubles points (- : -) pour que le lecteur puisse prendre sa respiration en me lisant. J'ai tendance à écrire un peu comme Proust avec des phrases à rallonge.

La ponctuation est constituée de signes qui donnent au lecteur des temps d'arrêt, pour la respiration et pour avoir le temps, avec les yeux, de visualiser la suite de la phrase afin de pouvoir la prononcer sans bafouiller. En même temps que se fait la lecture du texte, il y a aussi la compréhension de ce dernier. Cela permet au lecteur de vivre ce qu'il lit et qu'il comprend. Ainsi, l'auditoire qui l'écoute, saisi le sens des mots, des phrases et paragraphes. Et peut visualiser ce qui est dit.

Un acteur de cinéma ou de théâtre, par la prononciation de son texte et la vie qui lui donne fera ainsi passer l'émotion, la tendresse, la rage, la haine, l'amour. Le spectateur en sera encore plus comblé si l'acteur se montre bon.

En musique, c'est un peu la même chose, sauf que la physique et les maths viennent un peu bloquer la lecture.

Lors de l'apprentissage de la musique, la lecture est au cœur du processus qui permettra au musicien de pouvoir faire fonctionner un instrument de musique qui reproduira sous la forme de sons, ce qu'il lit sur une feuille de musique.

Le professeur s'appliquera à ce que le musicien dans son jeu, se cale sur le battement rythmique d'un métronome. Et les 1, 2, 3, 4, feront vite que le musicien finira par jouer comme un robot. Il jouera bien sa partition, mais il lui faudra pas mal de temps avant qu'il – interprète – la musique "qu'il a" sous les yeux. Qu'il la sente, qu'il vibre avec.

Les copistes, ont aussi leurs signes de ponctuation qui le plus souvent on des noms italiens. Le point d'orgue (un arc de cercle au-dessus d'une note) indique au lecteur qu'il peut rester un peu plus longtemps sur la note que sa couleur indique. Deux petits traits qui coupent la ligne du haut de la portée, indiquent que là aussi, il faut marquer un temps d'arrêt. Cela permet d'avoir un temps – carré – dans la mesure et permet une écriture propre.

Je vous renvoie sur ce lien pour tout ce qui concerne l'écriture musicale et les symboles de ponctuation / respiration. Il y a ce qui est écrit, et comment cela se joue. Voir cet index des notations musicales.

Sur le plan physique, une note, c'est une fréquence. Le « LA » c'est la fréquence 440 hertz. Un très beau tableau est ici. Mais, une note, c'est sa hauteur, mais aussi et surtout sa longueur. Sur la feuille de musique, nous savons tous, qu'une blanche vaut deux noires et ainsi de suite. De la « Ronde » à la « quadruple croche ». Idem pour les silences. Voir la représentation des durées en musique.

Et c'est justement dans cette longueur que le musicien pourra y mettre son talent pour interpréter la musique et le chanteur lui pour, interpréter les paroles.

Si vous regardez une partition de Charles Aznavour et qu'en même temps vous l'écoutez interpréter ce même titre, vous pourrez percevoir des temps d'arrêts ou des longueurs de notes qui ne sont pas représentés sur la feuille de musique. Aznavour, vit ce qu'il chante. Il fait passer l'émotion. Vous visualisez parfaitement ce qu'il interprète.

La difficulté sera de vouloir transcrire une chanson super bien interprétée il faudra pour une meilleure clarté ne pas tenir compte de l'interprétation avec les longueurs et les sons appuyés, pour n'écrire que des notes carrées en hauteur et longueur (fixe).

Il y a ce qui est écrit, et il y a ce que l'on joue. La différence …c'est – l'interprétation. Il ne faut pas confondre interprétation et version. Une chanson est initialement chantée (interprétée) par un artiste. Un autre peut très bien s'approprier le titre et en faire SA version en changeant le rythme et les arrangements de l'orchestration. Par exemple, Cette année-là chanté aujourd'hui par M. Pokora est une nouvelle version.


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1. Posté le 14 décembre 2016 à 00h51 par Franzi


Merci beaucoup de faire toucher "de l’œil", la différence fondamentale entre "chanter" et "solfier".
Complètement d'accord avec vous pour dire que c'est l'interprétation qui permet de transmettre les émotions, et donc de faire vivre un chant.
C'est la chanteuse qui écrit, mais c'est tout aussi vrai pour les autres musiciens, avec la difficulté supplémentaire que leur instrument n'est pas intégré dans leur corps.

"Chanter donne à vivre l'effort qui repose" (Guillevic).
"La musique est la langue des émotions" (E. Kant)